Un article d'Esther Bick inédit en français



« Angoisses sous-jacentes à la phobie des rapports sexuels chez une femme » est un long article d'Esther Bick, daté de 1953, découvert en 2001, et dont je propose ici une première traduction en français.

Je ne peux pas présenter dans cet espace, de façon détaillée, le travail d’Esther Bick. Je veux simplement dire qu’il m’est indispensable dans mon propre travail d'analyste – et pas simplement d'analyste d’enfants. Pour une présentation simple et concise de son parcours à elle, je renvoie à « La vie et l’œuvre d’Esther Bick », chapitre liminaire du livre Un espace pour survivre, publié sous la direction d’Andrew Briggs aux Editions du Hublot.
Ce livre contient les quatre textes d’Esther Bick qui étaient jusqu’à présent disponibles en français, et qui ont été publiés entre 1962 et 1986. Je n’ose pas dire que ces textes sont connus en France parce que ce n’est pas le cas. Seuls Michel Haag (à qui l’on doit les développements les plus importants), Geneviève Haag, Pierre Delion et quelques autres (qui ont le plus souvent affaire à la clinique de l’autisme et/ou du nourrisson), s’y sont intéressés de près. Le reste de la profession a parfois entendu parler du concept de « seconde peau », mais rarement davantage. Par comparaison, à Londres, le cursus des analystes en formation à l’Institute of Psychoanalysis débute par une année d’observation des nourrissons selon la méthode d’Esther Bick. Bick, qui était une enseignante exceptionnelle, fournit elle-même les raisons de cette formation dans son article de 62 : « J’ai pensé que celle-ci était importante (…) parce qu’elle aiderait l’étudiant à comprendre de manière vivante l’expérience infantile de ses petits patients, de telle sorte que, lorsqu’il commencerait le traitement d’un enfant de deux ans et demi, par exemple, il serait plus en contact avec le bébé qu’il a été et dont il n’est pas si loin ». J’ajouterai quant à moi que, dans nos cures, quel que soit l’âge du patient, ce bébé ne me semble jamais « si loin ».

L’article dont je propose ici une traduction, « Angoisses sous-jacentes à la phobie des rapports sexuels chez une femme », ne fait pas partie des quatre textes évoqués ci-dessus. Il leur est antérieur puisqu’il a été prononcé par Bick en juin 1953, lors d’un colloque scientifique de la Société Britannique de Psychanalyse (colloque au cours duquel elle fut élue membre titulaire). Nous sommes donc très en amont des élaborations de 1962, 1964, ou 1968, et ce n’est pas la clinique du bébé qui motive ce travail – même si, par endroits, on en devine les prémisses. Esther Bick y présente de manière extrêmement détaillée, en s’appuyant essentiellement sur les développements théoriques et la méthode de Mélanie Klein, le cas d’une de ses patientes adultes. Il s’agit d’une femme âgée de 32 ans au début de la cure et dont les symptômes sont alors de quatre ordre : claustrophobie, hypocondrie et symptômes somatiques, relation difficile aux femmes en particulier, inhibitions multiples (intellectuelle, professionnelle, alimentaire). C’est toute la trajectoire de l’analyse qui nous est livrée ici avec, encore une fois, force détails cliniques et théoriques.

Je laisse chacun tirer les enseignements qu’il voudra de ce travail. Il me semblait avant tout important qu’il puisse être porté à la connaissance du lecteur français pour une vue d’ensemble du travail d’Esther Bick. Je me suis appuyé pour ce faire sur la version originale de l’article, publiée en 2001 seulement par Roger Willoughby, dans le British Journal of Psychotherapy 18(1). On en ignorait jusqu’alors l’existence ; il a été retrouvé dans des documents conservés par les Archives Nationales du Canada. J’ai scrupuleusement conservé, pour cette traduction, les notes de bas de page de Roger Willoughby.

Cet article fait 50 000 signes et, pour des raisons pratiques, il vaut mieux, afin de le lire confortablement, le télécharger au format PDF.

N.B. : Il existe très peu de photos d'Esther Bick. Celle que je publie ci-dessus, prise par Adrian Williams en 1978, la montre avec le petit-fils de Martha Harris.

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